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07/09/2012

Commentaires

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Polydamas

J'aime bien ce billet de Madore sur le sujet du nucléaire dont un extrait est assez clair : "L'accident de la centrale de Fukushima est surtout à mes yeux preuve de deux choses : (1) à quel point le nucléaire est sûr et peu dangereux, et (2) qu'on peut le rendre encore plus sûr si on n'en fait pas un tabou."

http://www.madore.org/~david/weblog/2011-06.html#d.2011-06-06.1895

Bashô

Polydamas > Tiens tu connais aussi David ? :-) C'est en effet un bon billet et ça me rappelle ce que disait un blogueur anglais lors de Fukushima. Il craignait un effet pervers : décourager l'investissement dans les nouvelles générations de réacteurs nucléaires et rallonger à la place outre-mesure le fonctionnement des centrales nucléaires au lieu de les démanteler une fois la "date de péremption" atteinte.

Eric

Tout cela est bien beau, mais si la forme (et l'introduction) de l'article du Monde sont à jeter, le fond n'est pas si mauvais.

Parce que oui, il y a analyse des risques, et vous le détaillez très bien. Mais la différence avec l'avion c'est que les risques de l'avion, même dans les cas extrêmes, restent assez soutenables. On peut imaginer 1000 morts si ça tombe au mauvais endroit, ou même 3000 morts si on imaginer enfourner deux gros porteurs par accident dans deux tours densément peuplées à New York, mais ça reste borné.

Ça arrive une fois et on n'en parle plus. C'est peut être froid comme réflexion mais c'est un risque qu'on peut accepter. Sur les incidents nucléaires il y a tout un pan des risques qu'il est très difficile de cerner de par leur impact sur le long terme, sur une grande surface, et qu'il est difficile de qualifier en "mort/blessé". Est-ce qu'on est prêt à prendre un tel risque ? Pour ça il faut l'imaginer, et rien que ça est très difficile.

Le facteur des risques sur l'avion c'est un risque très grave mais mesurable qui arrive quasiment jamais. Sur le nucléaire la probabilité a beau être proche de zéro, il est très difficile de mesurer la gravité potentielle, et ça en fait quelque chose de totalement différent. Peut être pas pour l'ingénieur ou l'assureur, mais pour la société, elle, ça n'a plus rien à voir.

JJDelfour

Les nucléophiles espèrent convaincre en disant que « le risque zéro n’existe pas ». Cette formule vise surtout à suggérer que, sans être nuls, les risques sont très faibles et qu’on peut donc les accepter, comme l’on accepte les risques en montant dans un avion, un train, etc. Le présupposé général est que toutes les technologies comportent des risques (une lapalissade) et que ceux-ci sont de même dimension. Or, c’est précisément ce point dont le simple bon sens perçoit la fausseté : un avion qui s’écrase ne contamine pas pour des siècles une zone s’étendant sur plusieurs continents. Le discours des experts en gestion des risques consiste dans la banalisation des risques nucléaires, leur minimisation.

Le papier de ce blog l'avoue dans cette phrase: "Ce faisant, on a accepté que des événements très extrêmes, s’ils arrivent, ruinent la centrale". Silence assourdissant sur la réalité: des milliards de radionucléides diffusés pour des siècles sur des milliers de kilomètres.

CQFD
JJDelfour

Pierre Schneider

JJDelfour : oui, oui, j' "avoue" tout ce qu'on voudra, j'avoue que le risque zéro n'existe nulle part. Je n'ai pas réussi à garder le secret. Mais de grâce ne m'insultez pas.

En passant, des "milliards de radionucléides", c'est de l'ordre du picogramme. Pas de quoi me faire trembler. Ah, si seulement les philosophes faisaient un peu de sciences!

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