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24/07/2012

Commentaires

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Zozoped

Ce qui s'est passé, au vélodrome d'hiver, les 16 et 17 juillet 1942, est connu, et reconnu. Ceci fait partie de l'Histoire. Il se trouve que c'est une histoire qui n'est pas incertaine, car elle est documentée, éclairée par un recul qu'on a aujourd'hui (et depuis plusieurs décennies en fait), des témoignages de personnes encore vivantes, bref, on peut épiloguer sur ce qui s'est passé, mais ce n'est pas sujet à débat.

Certains s'amuseront à discuter pour savoir où était la France alors. Tu leur expliques ici que c'était très clair. Soit. Je ne suis personnellement pas certain que ce soit si clair que ça. Définir la France par ses organes publics ? Par ses forces armées, par ses dirigeants, légitimes ou non ? Mais alors, qu'est-ce que la Syrie aujourd'hui ? Qu'est-ce que la Hongrie en 1956 ? L'Algérie des années 50 ?

Comme tu le soulignes, l'Histoire est un outil qui est déployé dans des buts politiques. Mais les historiens ne sont jamais aussi tranchés que ne le sont les politiques. Ils font au contraire preuve de finesse, ils prennent en compte le contexte historique, ils séparent les responsabilités individuelles des responsabilités collectives.

La question qu'on doit se poser aujourd'hui, ce n'est pas si la France a accompli un crime ces jours là. Le crime est acté. La question à l'ordre du jour, c'est de savoir si la France en est aujourd'hui coupable.

Et la France, aujourd'hui, c'est les français. C'est un des mérites d'une démocratie : on a les dirigeants, et le pays, qu'on mérite. Attribuer à la France la responsabilité d'un crime en 1942, c'est attribuer à la France, en 2012, la responsabilité de meurtres qu'elle ne peut pas supporter. D'abord, parce que c'est un tribu qui est lourd. Ensuite, parce que le nombre de personnes qui ont pu être coupables de ceci est particulièrement minoritaire. Et de la même manière que tu n'iras pas voir un allemand pour lui dire : ce que tes congénères ont fait au milieu du siècle dernier est horrible, tu ne peux pas aller un voir un français, et lui dire : Est-ce que tu n'as pas honte de ce qui a été fait, à deux pas de ta maison ?

L'Histoire est un outil politique, c'est vrai. Ce que le président fait en prononçant ce discours, ce n'est pas rétablir la vérité historique. Il n'a pas légitimité à le faire. Il fait de la politique.

Zozoped

"D'abord, parce que c'est un tribu qui est lourd."
-- lire : un **tribut**, bien sur. (shame on me)

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