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20/10/2013

Commentaires

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armel h

...Tombant de liens en liens sur cet article, je me permettrais quelques remarques :

- J'ai eu souvent l'impression que, sur ce sujet, les uns ou les autres, qu'ils expliquent ou attaquent le concept de "genre", confondaient deux choses différentes :
le genre d'une personne d'une part, et d'autre part l'organisation des tâches entre les genres - dans tous les aspects de la vie en société : familial et professionnel.

Je ne sais pas si vous faites également cette confusion, mais je l'ai chaque fois retrouvée dans différents articles :
l'utilisation du concept de genre pour justifier que le sexe soit un donné purement biologique et ne concerne que les seuls organes génitaux, et pour refuser qu'on distingue entre femmes et hommes,
était chaque fois appuyée uniquement par la dénonciation d'une société patriarcale et des inégalités entre hommes et femmes.

Je ne sais ce qu'est votre avis sur ce point.

- Le terme de "patriarcal" pour désigner l'ensemble des injustices faites aux femmes, terme que pourtant tout le monde utilise sans jamais (à ma connaissance) le discuter ni le remettre en question,
ce terme me paraît très inapproprié, dans la mesure où ces injustices sont tout autant (voire parfois beaucoup) du fait de femmes.

- par exemple, faire des difficultés à ses salariées femmes à cause des congés maternités : on retrouve cela de la part de femmes chef d'entreprise. "Misogyne" me semble mieux indiqué que "patriarcal".
(d'autant que ce terme renvoie au père, alors que c'est - maintenant - les rapports entre hommes et femmes qui posent problèmes, bien plus que la place ou le pouvoir donnés au père, comme cela pouvait être le cas dans la Rome Antique ou chez nous au XIXe siècle avec le code Napoléon)

- Commentant le parallèle avec le marxisme, que vous récusez, vous écrivez ceci :
"La partition de la société selon le genre masculin/féminin induit certes une différenciation, donc des relations de pouvoir et des tensions"

Entendez-vous par là que la question ne s'aborde que sous cet angle ?
Si c'est le cas ce serait assez désespérant : ne voir dans la question des relations entre hommes et femmes que les seules relations de pouvoir et les tensions, cela ne dispose pas, je pense, à trouver des solutions : si on ne cherche qu'à équilibrer des pouvoirs opposés et des tensions, ne se prive-t-on pas là d'explorer d'autres voies qui seraient justement les portes de sortie possibles ?

N'est-il pas possible, d'ailleurs, que cela ait été le propos de la personne dont vous critiquez le discours (je ne le sais pas, ne connaissant pas ce qu'elle en a dit) :
de même que le marxisme n'aurait considéré et conçu les rapports entre les Hommes que sous le seul et unique angle de la lutte et des oppositions, de même l'idéologie qu'elle veut dénoncer, n'envisagerait les relations entre les hommes et les femmes, leurs actions et leurs pensées, que sous le seul et unique angle de la lutte de pouvoir, de l'opposition et de la tension ?

- Concernant les droits de l'Homme, voulez-vous dire qu'ils sont purement et totalement arbitraires, et que n'importe quel autre contrat, y compris sur des principes radicalement contraires aux droits de l'Homme,
serait tout aussi valable du moment que les personnes contractantes sont libres et tombent d'accord entre elles ?

Si au contraire on considère que certains contrats de société sont meilleurs et bien plus bénéfiques aux Hommes que d'autres, ce serait alors qu'on se réfère bien, pour juger du bien-fondé et de la valeur de ces contrats,
à une réalité autre, antérieure à l'établissemet du contrat, et attachée au caractère humain des contractants.

Artémise

Pour anticiper la réponse de notre hôte :

- "l'utilisation du concept de genre pour justifier que le sexe soit un donné purement biologique et ne concerne que les seuls organes génitaux, et pour refuser qu'on distingue entre femmes et hommes,
était chaque fois appuyée uniquement par la dénonciation d'une société patriarcale et des inégalités entre hommes et femmes."
> c'est loin d'être le cas dans les études dites "de genre". Bien sûr, difficile de faire l'impasse sur ce point. Si vous étudiez les femmes dans la société de l'époque victorienne, à l'appui des oeuvres littéraires, par exemple celles de W. W. Collins, vous pourrez difficilement faire l'économie de la notion de domination. Mais prenez l'Histoire des femmes parue aux Editions du Seuil : il n'y est pas seulement question de cela, loin, loin s'en faut.

- "ne voir dans la question des relations entre hommes et femmes que les seules relations de pouvoir et les tensions, cela ne dispose pas, je pense, à trouver des solutions : si on ne cherche qu'à équilibrer des pouvoirs opposés et des tensions, ne se prive-t-on pas là d'explorer d'autres voies qui seraient justement les portes de sortie possibles ?".
> à l'inverse, pourquoi ne pas admettre, une bonne fois pour toutes, que l'on peut constater et expliquer scientifiquement certains phénomènes (celui de la domination masculine, par ex.), tout en ne vouant pas sa vie de façon unilatérale à cela ?
Je m'explique. Dans ma thèse d'histoire de la famille à l'époque moderne, je ne puis faire l'impasse sur la place des femmes, et notamment de leur rôle dans la question des alliances de mariage. Il y a forcément la question de la domination patriarcale qui se pose.
Maintenant, cela ne m'empêche aucunement de faire d'autres constats sur la question (relever, par exemple, l'importance des lignées féminines). Cela m'empêche encore moins de vivre sereinement mon mariage, ma place de femme nettement plus au foyer que mon mari, de catholique, etc.

Ce qui est malhonnête de la part de la conférencière dont PS nous rapporte les propos, c'est de considérer une seule "théorie du genre" qui serait un mode absolu de pensée et de vie. En gros : un complot ultra-féministe anti-hommes et anti-catho. Il n'est rien de plus faux.


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